Extension du domaine de la lutte : regarder plus loin
20 février, 2009
On commence à se réveiller. Après la lutte contre le projet de décret sur les statuts, on voit finalement la LRU qui se cache derrière, cette loi passée en mois d’août 2007, sans trop de réactions. Une loi qui est venue à petites doses, dont un des décrets d’application (sur les statuts) a provoqué l’explosion de colère dans le monde de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. La coordination nationale des universités a demandé aujourd’hui, pour la première fois, l’abrogation de la loi « relative aux Libertés et Responsabilités des Universités » (en parfait novlangue ! comme si avant la LRU on était des esclaves irresponsables).
Soudainement, on distingue derrière la LRU la procédure de Bologna et la stratégie de Lisbonne. Le marché européen de la connaissance. L’OCDE et sa position de considérer le savoir comme une marchandise. On commence à regarder loin.
Pour la première fois aussi, je vois un début de coordination européenne contre cette vision désastreuse. Le collectif SLR a lancé un appel il y a quelques jours « Projet Européen : Nous ne voulons pas d’un « marché de la connaissance » en Europe ! ». Tâche complexe et difficile. Mais il faut passer par là. Ça prendra du temps, mais… soyons réalistes : demandons l’impossible.
En attendant, voici un livre qui retrace de façon minutieuse l’histoire et l’origine de toutes ces réformes, de ce changement de paradigme, de cette irruption du marché dans le savoir : « À vos marques®, prêts… cherchez ! La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche » d’Isabelle Bruno, Maître de Conférences en science politique. Absolument nécessaire si l’on veut comprendre ce qui nous arrive…
Parce que « l’Université n’est pas une entreprise et le Savoir n’est pas une marchandise » (mais ça viendra, si ce n’est pas encore fait !).
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