Bientôt (à partir de la rentrée 2009 probablement) tous les enseignants-chercheurs n’auront pas le même volume d’enseignement à faire. C’est ce qu’on appelle la « modulation de services ». Les « bons » en feront moins et les « mauvais » plus. Ces jugements de qualité seront basés sur l’activité de recherche. Le raisonnement derrière tout ça nous dit que la moitié de notre boulot est la recherche et l’autre moitié l’enseignement (ce qui est faux) donc ceux qui ne font pas de la bonne recherche, feront plus d’enseignement. Comme si tout se mesurait au kilo.

La charge d’enseignement est donc perçue comme une vraie charge par le Ministère. Une forme de punition. Que les mauvais chercheurs fassent de l’enseignement ! Ça leur apprendra. La prochaine fois ils publieront plus et ils participeront aux programmes de l’ANR. Par contre, il y a des dommages collatéraux : cette punition tombera aussi sur les bons… enseignants, ceux qui soignent leurs cours, ceux qui luttent pour s’adapter aux nouvelles formes d’apprentissage des étudiants (qu’ils voient arriver, année après année, de plus en plus démunis), ceux qui considèrent l’enseignement comme une mission, comme l’essentiel de leur travail (et non pas comme une charge), ceux qui, sous le poids de la charge d’enseignement bien fait, bien préparé, mis régulièrement à jour, ne publient pas autant que les autres (les autres qui bâclent leurs cours pour rentrer vite au labo et donner des instructions à leurs thésards). Et bien, ces bons enseignants se retrouveront aussi punis, avec plus d’heures d’enseignement à faire.

Un système de bonus/malus alors. Car ceux qui dépassent actuellement le nombre d’heures statutaires, sont payés en heures complémentaires pour le reste. Une augmentation donc de leur service diminuera automatiquement le nombre d’heures complémentaires et par conséquent leurs revenus. Un vrai malus ! Au contraire, quelqu’un qui doit moins d’heures grâce à une modulation vers le bas, pourra continuer à faire le même service qu’avant mais payé en partie en heures complémentaires ! Même les traders ne payent pas de malus quand ils font perdre de l’argent (la PEDR est un exemple de bonus que les mauvais chercheurs ne touchaient pas ; mais de là à leur faire payer, je trouve que c’est trop).

Mais surtout, ce système est pervers. Parce que pour chaque heure de décharge offerte à Djamel, il faudra infliger une heure de surcharge à Rachida. On sera tous dans une concurrence permanente. Sans pitié et sans recours ! (Seul point positif : les directeurs de labo et d’UFR devront se mettre d’accord sur le service d’enseignement des enseignants-chercheurs, alors que jusqu’à maintenant, le boss Recherche ignore le plus souvent tout ce qui se passe côté Enseignement ; mais cette organisation schizophrène mérite un article à part.)

Touche pas à mon service !

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