Des comptes à rendre, d’accord, mais à qui ?
17 avril, 2008
Alain Trautmann (ex-porte-parole du collectif « Sauvons la Recherche ») et Arnold Migus (Directeur général du CNRS) étaient parmi les invités de l’émission « Du grain à moudre » (31 mars 2008, France Culture) sur le thème « Faut-il enterrer le CNRS et l’INSERM ? » (j’en parle aussi dans « Le président de l’AERES “lost in translation” »).
Au cours de cette émission, la question des « comptes à rendre » par la Recherche a été abordée. Deux approches très différentes se sont alors opposées.
Arnold Migus, pragmatique (ou « terre à terre » dans un langage politiquement incorrect), après avoir présenté de façon équilibrée quelques questions techniques concernant l’évaluation de la Recherche, a conclu par « nous avons des comptes à rendre, nous sommes payés par la Société et donc nous avons des grands enjeux sociétaux, et pas seulement économiques ».
Alain Trautmann a pris un peu de distance : « les comptes que nous avons à rendre c’est de faire un travail de Recherche de bonne qualité, de faire de très bons articles, et non pas de produire ceci ou cela ».
Je préfère, mais il faudrait oser aller plus loin.
Apparemment, il faut être historienne (et en plus présidente de la meilleure université mondiale) comme Drew Faust (la Présidente de Harvard, dont je parle dans « Qu’est-ce que l’Université (aujourd’hui) ? ») pour arriver à inscrire l’Université et la Recherche dans le Temps et l’Histoire, dans le passé et l’avenir, en les détachant du présent qui est « inévitablement myope ».
Dommage que son discours ne soit pas encore passé de l’autre côté de l’Atlantique. “But we in higher education need to seize the initiative in defining what we are accountable for. [...] The essence of a university is that it is uniquely accountable to the past and to the future – not simply or even primarily to the present.”
Qui prendra l’initiative de cette (re)définition ?
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